SORTIR DE LA DÉPENDANCE AU PÉTROLE NÉCESSITE DE LA JUSTICE SOCIALE.
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EELV-36 n’appelle pas au blocage des routes le 17 novembre.

Pour nous la priorité c’est de préserver les conditions de la vie humaine : lutter contre le dérèglement climatique lié à la consommation d’énergies fossiles, mais aussi réduire les particules fines dans l’air, responsables de 40 000 décès par an en France.

Mais nous entendons aussi
des protestations sincères qui montent devant la hausse du prix
des carburants, même si elles sont parfois attisées par de
dangereux démagogues.

Rappelons d’abord que
l’essentiel des hausses des prix à la pompe constatées ces
dernières années proviennent principalement de la hausse des prix
du pétrole brut. On ne peut qu’être en colère contre
l’inconséquence des gouvernements successifs, leur incapacité à
mettre les populations à l’abri des changements que nous allons
subir puisqu’ils n’auront pas été anticipés : une nouvelle fois
notre vie est suspendue à des énergies fossiles qui, non seulement
déglinguent le climat et la qualité de l’air, mais nous rendent
dépendants d’importations non maitrisables. L’urgence devrait donc
être de savoir comment on s’organise collectivement pour réduire
progressivement, et de manière déterminée, notre dépendance au
pétrole.

Pour cela la fiscalité
peut être un outil utile, à condition qu’elle soit incitative,
progressive, juste et redistributrice. Si ce n’est pas le cas, le
risque d’incompréhensions et de confusions est total et c’est ce qui
se passe aujourd’hui dans le pays.

Comment croire en la
sincérité et en la cohérence d’un gouvernement qui, après avoir
supprimé l’ISF et conforté le CICE , se cache derrière des
arguments écologiques pour renflouer les caisses de l’État,
privilégiant les « premiers de cordée » et renvoyant
retraités, petits salaires, chômeurs… de « l’autre
côté de la rue » ? Comment justifier l’inexistence
d’une taxe poids lourds et la défiscalisation du kérosène et
du fuel lourd alors que ce sont les produits les plus
polluants utilisés par les compagnies aériennes, le transport
maritime et l’industrie lourde ?

Pour être efficace,
une fiscalité verte doit avoir du sens et renforcer la cohésion
sociale
.

Pour le bien commun,
chacun doit contribuer à la hauteur de ses moyens à la lutte contre
le changement climatique et pour préserver un air respirable. Les
ressources de la fiscalité écologique doivent être consacrées en
totalité aux mesures destinées à isoler les logements, développer
des énergies renouvelables, financer les transports en commun,
encourager le co-voiturage, le télétravail et, en ville, le vélo
et la marche, et non à compenser les baisses d’impôts pour les
plus riches. On doit également apporter des aides conséquentes aux
familles qui se trouvent en précarité énergétiques et à tous
ceux qui sont contraints d’utiliser leurs voitures,
particulièrement en zone rurale.

Il s’agit aussi de
réorienter l’économie vers la transition écologique, seule
perspective réaliste en termes d’emplois et de cohésion sociale
pour le 21ème siècle.

La maison brûle, mais il
est encore temps d’agir.

Plus on retarde les
transformations et plus ce sera douloureux.

Si ce combat était
perdu, les autres n’auraient plus grand sens.

Pierre Morizet, porte-parole EELV-36